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AIMER ses POILS

 

 

« Enlever ses poils, c’est retirer ce qui est sexuel et, paradoxalement, c’est montrer l’organe sexuel. Mais, comme disent les nudistes, quand il n’y a plus rien à cacher, il n’y a plus rien à voir », estime Marc-Alain Descamps, psychanalyste. Les poils, qui contribuent à dissimuler le sexe féminin, entretiennent son mystère. Ce mystère qui trouble et, parfois, inquiète. En rejetant leur pilosité, certaines femmes essaieraient de se débarrasser de leur corps et de cette sexualité effrayante. « Epilé, le sexe féminin est moins sexuel, moins animal ; plus sexy, plus petite fille. » Toujours plus minces, plus jeunes, plus lisses, à l’image des mannequins des magazines.

« Dans ma pratique, je vois de plus en plus de femmes qui ont peur de l’acte sexuel, observe Marc-Alain Descamps. Les femmes ne connaissent plus leur corps. Elles ont honte de leurs poils, elles ont honte de leur odeur, elles ont honte de se toucher… » Ainsi, Ariane, 33 ans, qui refuse de faire l’amour avec son mari, si elle ne sent pas « nickel côté poils ». « La femme qui s’épile s’oppose à la sexualité. Elle veut être pure et blanche, rester attachée à l’enfance. Epilée intégralement, elle s’angélise, elle va vers l’androgyne, vers l’asexué », explique le psychanalyste, qui juge que cette attitude nous éloigne d’une sexualisation libre et épanouie : « Les magazines font passer l’idée que l’érotisme est une question de sophistication : il faut s’épiler, utiliser des déodorants, des parfums, des lingettes intimes, etc. » A force d’être “glamoureuse”, la sexualité risque de devenir moins amoureuse. Car rien n'est moins appreté que le desir.                                        

 

 

          Marc-Alain Descamps, psychanalyste  
. Auteur de L’Invention du corps (Puf, 1986, épuisé).

 

"Si tu penses qu'il est laid ou sale pour une femme d' avoir des poils sous les aisselles et sur le pubis (sachant que toute femme pubère a naturellement des poils sous les aisselles et sur le pubis) alors tu penses que la femme est naturellement laide ou sale ! "
Slogans de Ecologie Libidinale résistance à l'épilation

 

 

 

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L’irreprésentable du sexe féminin.


<<  C’est en regard de l'angoisse pour leur féminin que les filles et les femmes ont recours à la "féminité", que je définis comme une féminité de surface, celle de la parade ou de la mascarade, celle des robes, talons, bijoux, parfums, maquillages.

       Si le surinvestissement narcissique des hommes porte sur le pénis, c’est leur corps tout entier que les filles et les femmes investissent, accroché à la réassurance du regard de l’autre. La "féminité" est visible, elle fait bon ménage avec la logique phallique, à laquelle elle répond en écho. Elle consiste en effet à valoriser ce qui se voit, ce qui se montre et s’exhibe, ce qui s’extériorise et a pour but de rassurer l’angoisse de castration, celle des femmes comme celle des hommes. Ce visible de la féminité est en fait un voile mis sur le creux informe, insaisissable, irreprésentable du sexe féminin, sur son inquiétante ouverture, sur ses débordements de liquidités, sur ce sang qui s’échappe. L’exaltation des rondeurs féminine, de la forme exquise du sein vient contre-investir cette angoisse de l’informe.

       Un autre déplacement désigne ce qui cache au lieu de ce qui est caché, retour de l’élément refoulant en lieu et place du refoulé. C’est la pilosité qui subit l’opération du refoulement de ce qu’elle était censée dissimuler. Encore la toison pubienne ! Le poil qui a marqué l’advenue la puberté, du surgissement du sexuel génital recueille l’héritage de l’obscénité du sexe féminin. Ce qui est appât sexuel, ce qui doit demeurer caché se déplace sur les poils, sur les cheveux.

       Une patiente musulmane qui présente un symptôme vaginique dit : "quand on m’a coupé les cheveux, j’ai eu l’impression de ne plus avoir de sexe". Au Japon, paradis de l’industrie du sexe et des sex-shops , les poils pubiens sont encore aujourd’hui tabous : les films occidentaux sont censurés de mosaïques, livres et revues sont nettoyés de leurs détails hirsutes. Les inquisiteurs chasseurs de sorcières, au Moyen Âge, rasaient les femmes hystériques, supposées cacher le diable fornicateur dans leurs poils pubiens. Les pubis des musulmanes sont soigneusement épilés. Les femmes mariées dans la religion juive ont la tête rasée et portent perruque. Sous le voile des musulmanes intégristes, aucun cheveu ne doit dépasser, aucun signe de tentation féminine ne doit être manifeste.

      Certains rites assimilent la chevelure, les poils pubères et le sang. Dans les textes anciens, le sang se transformait en lait chez les femmes, en poils et barbe chez l’homme. Retour au voile islamiste, au tissage de Freud, et au diable caché dans le pubis des femmes hystériques.

La fascination du "voir"

    Georges Devereux interroge longuement le mythe grec de Baubo, laquelle exhibe son sexe pour faire rire Démeter endeuillée par la perte de sa fille Perséphone enlevée par Hadès au royaume des Morts. Cette exhibition a valeur de consolation pour rendre sa féminité et sa fécondité à Démeter.

    Mais on sait que, devant un homme, l’exhibition est soit insultante soit terrorisante. Dans l’Antiquité et de notre temps - comme ce fut le cas lors de la guerre d’Espagne et au cours de certains génocides - des femmes ont fait honte et fait reculer les hommes d’un peloton d’exécution et d’autres prêts à tous les massacres, en retroussant leur jupe. Comme pour leur dire : "regarde d’où tu viens !". Et le Diable lui-même, chez Rabelais, s’enfuit devant une femme qui lui exhibe son sexe.

    On trouve des représentations de Baubo, "vulve mythique personnifiée", dans de nombreuses civilisations. Une Gorgone étrusque sur un char, qui exhibe son sexe et tire la langue d’une énorme bouche dentée, devait inspirer la terreur aux ennemis. Elle maîtrise des fauves, comme la Maîtresse des Animaux sauvages, souvent identifiée à Artémis, et à la Grande Mère des Dieux, c’est-à-dire à Rhéa, épouse de Kronos, mère de Zeus et de divers autres Olympiens.

    La tête de Méduse, une des Gorgones, qui ornait le bouclier de Persée, renvoyait l’image d’un visage entouré de serpents à la bouche ouverte déformée et avide, dont le regard pétrifiait l’adversaire. Freud a fait de cette figure la représentation du sexe de la mère, entouré de poils pubiens, provoquant l’effroi de la castration et sa représentation en son contraire par la multiplication. La pétrification étant un équivalent de la sidération de l’effroi, mais aussi de l’érection masculine à effet de réassurance. Mais cet effroi renvoie également à l’horreur de l’ouverture avide et dévorante d’un sexe-bouche. >>

Jacqueline Schaeffer
(Le fil rouge du sang de la femme)

article tiré de http://www.spp.asso.fr/main/psychanalyseculture/PsychanalyseAnthropologie/Items/3.htm

 

 

aller visiter aussi :

http://pgriffet.voila.net/PF.htm


http://ecologielibidinale.org/fr/miel-etesansepilation-fr.htm

 

lire aussi Samson et Dalila  



02/11/2011
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